A 3 jours du départ, la pression monte

By 1 juin 2017News
Parade d arrivee des Figaro lors de la Solitaire Urgo Le Figaro 2017 - Bordeaux le 26/05/2017

LE GRAND JOUR APPROCHE 

Tanguy s’y prépare depuis de longs mois : entrainements, formations, préparation du bateau, logistique, rien n’a été laissé au hasard pour être le plus « affuté possible », comme il aime le dire, à la veille du grand rendez vous; et le jour J n’est plus très loin, puisque les 43 concurrents de la Solitaire Urgo Le Figaro 2017 s’élanceront dimanche 4 juin de Pauillac pour une magnifique étape de plus de 500 milles jusqu’à Gijon en Espagne. 

Tanguy, à 3 jours du départ, dans quel état d’esprit es-tu ?

J’ai une chance folle. L’année dernière j’étais sur les pontons à bricoler le figaro d’Arthur Prat et je voyais les gars se préparer et prendre le départ des étapes, je rongeais un peu mon frein. J’étais content pour eux mais un peu frustré. Enfin frustré d’une bonne manière car ça m’a donné l’énergie pour aller convaincre des partenaires de m’accompagner sur ce circuit. Avec le recul, je me dis que l’expérience était très bénéfique. Aujourd’hui, c’est déjà une victoire d’être passé de l’autre côté de la barrière et d’être à Bordeaux en tant que skipper grâce au soutien de mes partenaires et notamment l’arrivée de Nibelis en tant que partenaire principal. 

Justement en tant qu’ancien préparateur, quelle est ta relation avec Loïc Pailleux, ton préparateur ?

Ma relation avec Loïc a commencé très tôt parce que je l’ai embauché sur le chantier d’hiver du bateau et qu’il m’a accompagné sur toutes les régates de la saison. Du coup, nous avons eu le temps de nous apprivoiser, enfin de nous organiser à travailler ensemble. Aujourd’hui, Loïc connait le bateau aussi bien que moi et a en tête mes petites manies. Il sait ce que je veux et ce que je ne veux pas à bord. Sur les premières régates, j’étais beaucoup présent sur le figaro Nibelis. En tant qu’ancien préparateur, j’avais beaucoup de mal à lâcher prise alors que maintenant je suis bien plus détendu et me décharge sur Loïc qui se débrouille d’ailleurs très bien tout seul. Cela me permet de me concentrer sur d’autres aspects de la course au large (météo, entretien sportif…) et de me reposer avant le départ. J’arrive même à faire des siestes en début d’après-midi ! Mais je viens systématiquement sur le bateau 2 à 3 fois par jour pour voir si tout va bien ou parce que je pense à quelques petites choses que l’on peut encore améliorer. Et puis je trouve cela bien de rester connecté avec le figaro Nibelis.

Tanguy Le Turquais - Nibelis - Solitaire Urgo 2017 - Run d'exhibition Bordeaux

Comment envisages-tu la 1ere étape Pauillac-Gijon ?

Un point important de cette première étape sera de sortir de l’estuaire de la Gironde. Si j’arrive à en sortir sans m’échouer, sans taper un billot de bois ou autre souci majeur, je serai ravi. On le voit mais rien qu’au port à Bordeaux, il peut y avoir de beaux morceaux de bois qui flottent et qui gèneront sans doute notre progression vers la sortie. On va laisser pas mal d’appréhension et d’énergie dans la Gironde donc j’ai hâte que ce moment soit derrière nous. Une fois sortis de l’estuaire, nous allons faire un très long bord vers l’occidental de Sein. Je redoute un peu ce bord car j’appréhende énormément de me faire distancer sur cette section, de ne pas aller aussi vite que les autres. Je n’ai pas envie de me faire décrocher par les concurrents contre qui j’ai envie de batailler. Je ne souhaite pas revivre ce que j’ai vécu sur la Solo Normandie. Après l’occidental de Sein, nous allons traverser le Golfe de Gascogne en direction de Gijon, il y aura une dorsale à anticiper ce qui peut provoquer soit une fuite des leaders soit un resserrement de la flotte. Par contre la grosse inconnue reste l’arrivée. Aujourd’hui la dépression thermique gonfle et engendre une zone sans vent à 20 milles des côtes. Il y aura donc du jeu tout au long de l’épreuve avec un dernière piège à l’approche de l’arrivée. 

Un dernier mot sur l’accueil reçu à Bordeaux ?

Il y a un véritable engouement pour cette course et pour nous de la part du public bordelais. Ils nous traitent comme des héros. C’est très étrange d’ailleurs, car la course au large est mon quotidien et je n’ai vraiment pas l’impression de faire quelque chose qui sort de l’ordinaire. Mais les bordelais sont super fans. Merci à eux.

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